En 1995, une étude du Standish Group dressait un tableau accablant de la conduite des projets informatiques. Reposant sur un échantillon représentatif de 365 entreprises, totalisant 8 380 applications, cette étude établissait que 16,2 % seulement des projets étaient conformes aux prévisions initiales, 52,7 % avaient subi des dépassements en coût et délai d’un facteur 2 à 3 avec diminution du nombre des fonctions offertes, 31,1% ont été purement abandonnés durant leur développement. Pour les grandes compagnies, le taux de succès tombait à 9 % alors que seulement 42 % des fonctionnalités commandées ont été effectivement livrées.

Ces statistiques peuvent être interprétées de différentes façons selon qu’on les considère avec le point de vue du maître d’ouvrage (MOA) ou avec celui du maître d’œuvre (MOE). Du point de vue du maître d’ouvrage, elles indiquent une incapacité à sélectionner le maître d’œuvre qui saura réaliser le système souhaité, aux conditions économiques de coût, qualité, fonctionnalité et délai. Du point de vue du maître d’œuvre, elles indiquent soit une incapacité à faire un devis sérieux des travaux à réaliser pour livrer le système commandé aux conditions fixées par le contrat puis à diriger la réalisation soit une incapacité à dialoguer avec le MOA, ne serait-ce que pour lui expliquer que le système commandé est infaisable aux conditions fixées par le contrat ou, encore, que l’expression de besoin est trop instable ou économiquement mal fondée pour développer quoi que ce soit de solide.

La qualité de la relation MOA/MOE est donc une condition nécessaire au bon déroulement de la transaction entre les différents acteurs qui, le moment venu, permettra d’arrêter le prix du contrat. Ce n’est malheureusement pas une condition suffisante, car les projets informatiques souffrent d’un certain nombre d’impondérables qui rendent leur estimation initiale particulièrement risquée. Pour un bon déroulement, il faut mettre en place une mécanique de gestion de risque permettant l’identification des incertitudes et organiser le projet pour que, le risque une fois détecté et bien compris, une solution soit apportée qui ne mette pas en péril l’équilibre économique du projet. Un modèle d’estimation est donc indissociable des projets eux-mêmes dont il est le centre décisionnel.

Organisé par le Centre pour la Maîtrise des Systèmes et des Logiciels (CMSL) du Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM), le présent séminaire d’étude, d’une durée de deux jours, a pour ambition d’offrir une réflexion sur l’estimation des projets au travers d’un ensemble d’exposés didactiques et de descriptions de retours d’expérience du terrain donnés par des praticiens issus d’entreprises.

La première journée (12 juin 2001) sera consacrée à un tutorial sur les modèles d’estimation et le principe des mesures. La seconde journée (13 juin 2001) sera agencée en deux parties : d’une part, une analyse critique des techniques et méthodes en usage et, d’autre part, un éclairage sur la pratique dans les entreprises. L’inscription pourra se faire, au choix du participant, pour une journée ou l’ensemble des deux journées.


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